L'origine du MIME

LES ORIGINES DU MIME

L'origine du mot MIME vient du latin MINUS et du grec MIMOS, imiter.

 

Aujourd'hui, le mot définit le genre de comédie réaliste qui se propose d'imiter la vie et les moeurs, selon la définition du dictionnaire. Bien qu'on l'attribue au poète Sophron de Syracuse, Vème siècle avant J.C., on peut soutenir que le mime existait bien avant lui. Son fils, XENARCHOS, prit sa succession. Les mimes grecs avaient un genre de scènes réduit à quelques types sociaux par lesquels les comédiens parodiaient les travers de leurs contemporains. Les pièces étaient écrites dans une sorte de prose rythmée, mais à l'époque Alexandrine, elles furent surtout en vers, les ïambines scazons, ou les ïambiques. On peut se faire une idée du mime grec d'après les fragments conservés de SOPHRON et d'après les dialogues socratiques, ceux de PLATON ainsi que d'après les Idylles de Théocrite, notamment les idylles syracusaines. Ces imitations, servies par des mimes de plus en plus nombreux, de moins en moins capables, passèrent de la caricature plaisante à la, parodie si grossière que les auteurs de pantomimes comprirent la nécessité d'en relever l'esprit, de même que les sujets touchant à la tragédie et à la religion.

 On peut souligner que de l'antiquité jusqu'à DEBUREAU, au XIXème siècle, les spectacles de mimes étaient surtout des danses exécutées sur le rythme de la musique, jouée par un orchestre, comme les ballets actuels. De temps en temps il s'agissait de poésie ou de morceaux de prose mis en scène par un acteur qui lisait le récit. Prenons en exemple "La chute de Troie", où un mime traduisait sur le plateau les exploits décrits par le texte. Chez les romains, le mime devint de plus en plus vulgaire et tourna à la farce. Les allusions politiques, la satire religieuse, la parodie littéraire semblent y avoir pris une grande place. L'art du mime prospéra surtout vers le milieu du premier siècle avant J.C., avec LABERIUS et PUBLIUS SYRUS.

 LABERIUS, auteur comique né vers 106 av J.C., mort en 44, excellait surtout dans les farces appelées mimes. Mais à en croire HORACE, il plaisait plus au populaire qu'aux lettrés.

 PUBLIUS SYRUS, poète mimique né en Syrie, emmené comme esclave à Rome, fut affranchi par DOMITIUS. Il composa des mimes très applaudis pendant plusieurs siècles. A Rome, sous la République, les personnages appartiennent à la classe dominante. Sous l'Empire, sous la pression de l'autorité les mimes furent contraints d'abandonner la parole.

 PYLADE, fameux en pantomimes fut affranchi par AUGUSTE et collabora avec BATHYLE, autre mime affranchi par MEDENE, à un traité divisé en quatre parties:

- La Cordace, pour la Comédie,

- l'Emivélie pour la Tragédie,

- la Sicine pour la Satire,

- l'Italique pour le genre composite.

 Mais finalement leur rivalité entraîna de tels troubles qu'AUGUSTE exila PYLADE. Le mime HYLAS fut même fouetté pour mauvaise conduite et pour finir DOMITIEN fit interdire la scène aux mimes.

Avec la colonisation romaine la pantomime se répand dans les pays méditerranéens et en Europe centrale. Les nouvelles représentations présentées pour des spectateurs de langues différentes fournissent le renouvellement du théâtre de geste, compris par le plus grand nombre des habitants des pays asservis. Aussi, désormais, il ne survivra que par la tradition et ne trouvera plus d'auteurs pour fournir des thèmes d'inspiration.

Sous CHARLEMAGNE, les mimes sont chassés de ses états, accusés d'obscénité. Les Conciles les interdisent et ils n'ont plus pour subsister qu'à se faire trouvères, troubadours, dans la Chanson de geste.

L'art du geste n'est plus en fait qu'exécuté par des bateleurs agrémentant les représentations par des acrobaties. Pendant cette période médiévale, il y aura bien la farce ou le Théâtre comique, la première ayant pour seul but d'exciter les rires par des plaisanteries lourdes, parfois ordurières. Les personnages qui en font les frais sont les avocats retors, comme dans le PATELIN, rare chef d'oeuvre du genre.

 Il faudra attendre la venue en France des comédiens italiens à la fin du XVIème siècle mimées, issues de la Commedia dell'Arte.




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 1 Très intéressant
Ecrit par Jean LEFEVRE, le 09-12-2007 04:19
Ce petit message pour vous dire que je trouve ses informations très intéressantes. Je vous souhaite bon courage pour la suite....

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